2025 - Thomas More, bon serviteur de mon souverain, mais de Dieu d'abord !

Londres, 6 juillet 1535. Depuis la fenêtre de sa cellule de la tour de Londres, Thomas More regarde le soleil se lever, c’est aujourd’hui qu’il va mourir. L’ancien chancelier du royaume repense à sa vie. 
Nous sommes en pleine Renaissance, trois grands souverains se partagent le pouvoir en Europe : en France c’est le roi François Ier qui règne. Charles Quint est le plus puissant monarque de cette première moitié du XVIe siècle : son empire s’étend au-delà de l’Autriche et de l’Espagne. Cet empereur est le neveu de la reine d’Angleterre, Catherine d’Aragon marié au tristement célèbre Henri VIII. C’est également à cette époque que l’hérésie protestante de Luther et Calvin se répand en Europe. Le pape va alors réunir le Concile de Trente, afin de rappeler la doctrine de l’Eglise et contrer l’hérésie.
Thomas More est un juriste de talent, il est repéré par le roi Henri VIII qui s’empresse de le prendre à son service. Il devient ministre des Finances, président de la chambre des communes et enfin chancelier.
Il semblait parvenu au sommet de ce qu’un homme peut gravir par ses propres qualités mais son sort sera scellé par la volonté du roi. Henri VIII veut à tout prix un héritier mâle. Pour cela, il va répudier la reine Catherine d’Aragon afin de pouvoir épouser sa favorite, Anne Boleyn. Le pape refuse ce divorce, Henri VIII s’entête et entraîne avec lui l’église d’Angleterre dont il se proclame chef et force son royaume à le suivre.
Bien peu seront ceux qui resteront fidèle à l’Église de Rome ; Thomas More est l’un d’eux. Ce n’est pas un rebelle ou un révolté, mais un homme qui dit non, sans le crier sur les toits mais en se murant dans le mystérieux silence du refus. Il veut avant tout protéger sa famille il sera considéré comme un traître par les grands du royaume dont certains comme le duc de Norfolk était pourtant de ses amis. Il va ainsi renoncer à sa charge de chancelier, conscient que cette démission va permettre à quelques crapules de se saisir du pouvoir tel Cromwell ou Richard Riche.
Quelques siècles plus tôt, un autre Thomas avait trouvé la mort en s’opposant ainsi à un autre Henri pour l’honneur de Dieu. Saint Thomas Becket avait affronté Henri II Plantagenêt au prix de sa vie. 
C’est ainsi que l’histoire se répète. Thomas More va payer de sa vie sa douce obstination de fidélité à la vérité.
Au pied de l'échafaud il dit simplement : " Je meurs en bon serviteur de mon souverain, mais de Dieu d’abord." 
Thomas more tract recto

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